Cette réunion à laquelle ont pris part les représentants de départements ministériels, d'établissements publics et des fédérations professionnelles concernées a été l’occasion pour les différentes parties de mettre l'accent sur les projets et actions réalisés ou programmés pour la promotion des bâtiments durables notamment à travers le renforcement de l’efficacité énergétique.

A cette occasion, M. Rabbah a souligné que le secteur du bâtiment résidentiel et tertiaire représente 33% de la consommation énergétique totale au Maroc, indiquant que l’efficacité énergétique doit être intégrée dans l’ensemble des secteurs clés de l’économie nationale, notamment l’industrie, le bâtiment, le transport, l’éclairage public et l’agriculture.

Dans cette optique, il a souligné que d'énormes efforts sont consentis en vue de changer les modes actuels de production et de consommation d’énergie, en vue de les rendre efficients, efficaces et viables, notant que l’efficacité énergétique permet d’économiser les ressources énergétiques, d’en assurer la conservation et d’en rationaliser la consommation.

Rappelant les Hautes instructions royales en matière de développement durable, M. Rabbah a fait observer que le passage à un mode de construction des bâtiments plus durable nécessite la coordination des actions et la convergence des efforts de toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé.

Le directeur général de l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE), Said Mouline, a pour sa part passé en revue les différents chantiers entrepris par l’agence en vue de la promotion de la durabilité dans la construction des bâtiments et ouvrages publics.

Constatant une augmentation du taux d’équipement des ménages en appareils de chauffage et de climatisation, le responsable a souligné l'impératif de produire une nouvelle génération de constructions respectueuses des prescriptions minimales d’efficacité énergétique en fonction des zones climatiques.

Il a dans ce sens appelé à l’intégration des prescriptions techniques liées à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables au niveau du cahier de charges du dispositif du logement social et du logement destiné à la classe moyenne, mettant l'accent sur la nécessité d'instaurer les principes de durabilité dans le secteur du bâtiment et d'inciter les promoteurs immobiliers à les adopter, le but étant d’élaborer un plan d’atténuation et d’adaptation au changement climatique en la matière.

L’AMEE a organisé plusieurs ateliers de sensibilisation aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique destinés aux acteurs religieux, dans l’objectif de réduire la consommation énergétique des mosquées, et ce en partenariat avec le ministère des Habous et des affaires islamiques, a-t-il indiqué. Ces ateliers s’inscrivent dans le cadre de la coopération nouée entre le ministère de l’Énergie, le ministère des Habous et des Affaires islamiques, l’AMEE et la Société d’Investissements énergétiques (SIE).

Il s’agit également de huit projets pilotes sur tout le territoire national initiés en collaboration avec le groupe Al Omrane portant sur l’isolation des murs, des toitures et les chauffe-eau solaires pour les logements sociaux dans certaines régions froides.

Le président de la commission de formation au sein de la Fédération nationale des bâtiments et des travaux publics, Taoufiq Cherradi, a insisté de son côté sur l’impératif de conjuguer les efforts en vue d’une meilleure intégration de la composante durable dans la construction des bâtiments, rappelant que la Fédération s’occupe actuellement du renforcement du volet formation avec plusieurs établissements dont l’École Mohammadia des Ingénieurs et l’École supérieure de technologie en vue d’intensifier les cours sur les différentes variables techniques relative à la construction durable des bâtiments et ouvrages.

Le directeur par intérim de l'Observation des études et de la planification au secrétariat d'Etat chargé du développement durable, Maktit Mohammed, a mis l'accent sur l'opérationnalisation de la Charte nationale de l'environnement et du développement durable qui s'est notamment traduite par l'accélération de la Stratégie de mise à niveau de l'environnement (MANE), et la mise en place de programmes en matière de développement de filières de recyclage, de communication, de sensibilisation et d'éducation.

Il s'agit également de mettre en place d'un Mécanisme volontaire de dépollution industrielle hydrique, de renforcer la politique inhérente au changement climatique, d'adopter la Loi-cadre sur l'environnement et le développement durable, et d'élaborer la stratégie nationale de développement durable.