Anesthésiste réanimateur et spécialiste de l’hypnose médicale, Asmaa Khaled, est une des rares médecins dans le monde à hypnotiser ses patients pour les préparer à une opération chirurgicale. En 2014, sa technique avait fait les Unes des journaux en France après avoir hypnotisée une patiente durant trois heures pour une opération. Ce fut une première mondiale, et la patiente n’est autre que la chanteuse Guinéenne Alama Kanté, qui devait se faire opérer pour une tumeur à la gorge. Pour une chanteuse, cela signifiait le risque de perdre la voix, l’outil de son travail, et sa raison de vivre. Spécialisée dans les chants traditionnels africains, ses cordes vocales sont parmi ce qu’elle a de plus cher au monde. Leur altération voudra dire tout simplement la fin de sa carrière artistique. Pour le chirurgien, il fallait donc que les cordes vocales restent fonctionnelles et intactes. Pour ce faire, la patiente devait rester éveillée, et utilisée ses cordes vocales durant l’opération chirurgical pour être sure qu’aucune de ses fonctions vocales n’est touchée par les gestes du médecin. C’est donc Asmaa qui a dû intervenir avec sa technique d’hypnose.

L’hypnose médicale, l’arme secrète d’Asmaa

Après plusieurs rencontres avec Asmaa, la chanteuse Alama Kanté a été convaincue par sa technique. Elle a donc accepté de se faire opérer sous hypnose pendant trois heures, durant lesquelles, elle n’a pas arrêté de chanter. Dans une interview, Asmaa Khaled explique la différence entre une anesthésie traditionnelle et celle de l’hypnose, « Avec une procédure classique, les produits anesthésiants que nous utilisons et les vaso-constricteurs comportent des risques d’autant plus élevés pour le cœur d’un patient qui est déjà fragilisé. L’hypnose permet d’alléger la survenue de ces complications.». Au CHU de Henri-Mondor de Créteil, où Asmaa Khaled pratique sa science, une étude comparative a été faite entre les symptômes post-opérateurs des patients sous hypnose et ceux sous anesthésie « chimiques ». Pour Asmaa, la différence est flagrante lors des réveils, « les patients sont souvent atteints de troubles cognitifs sans que l’on sache si c’est en raison de l’arrêt cardiaque ou de la nocivité des produits qu’on lui administre pendant l’anesthésie. Toujours est-il que sur la série d’opérations que nous avons effectuées sous hypnose, les patients semblent ne pas présenter ces troubles. ». Une percée indéniable pour la médecine, qui pourrait aider de nombreuses personnes, surtout âgées à entreprendre des opérations chirurgicales. Dr. Asmaa Khaled, s’est intéressée à l’hypnose après avoir fini sa spécialité et a découvert que le monde de l’anesthésie ne s’arrêter pas finalement à endormir des patients grâce à des produits chimiques. Il s’agit, en effet, d’un accompagnement, avant, durant et surtout après l’opération. Son parcours universitaire, Asmaa le démarre à l’université de médecine de Casablanca. Elle se découvre durant ses recherches un grand intérêt pour l’hypnose, et son pouvoir sur les patients, comme l’explique, « je suis allée me former en France à la méthode d’hypnose Erickssonienne. J’ai d’abord pratiqué comme médecin généraliste, puis comme médecin urgentiste, un peu, et enfin, comme anesthésiste réanimateur. J’ai travaillé au Maroc, puis au Sénégal et enfin en France depuis 6 ans. Je travaille avec l’équipe hospitalo-universitaire du CHU Henri Mondor depuis 3 ans. ». Pour le moment, le Dr. Asmaa Khaled n’a encore jamais pu exercer l’hypnose médicale sur un patient marocain, mais cela pourrait bien arriver prochainement puisque le médecin compte venir former des médecins marocains à cette technique.